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Parlementaire handelingen |
SÉANCES DU JEUDI 17 JUILLET 1997 |
VERGADERINGEN VAN DONDERDAG 17 JULI 1997 |
De voorzitter. Dames en heren, over enkele ogenblikken zullen wij overgaan tot de laatste stemming. Het leidt geen twijfel dat het voorbije parlementair jaar in de parlementaire geschiedenis zal geboekstaafd staan als een jaar waarin de werking van onze instellingen ter discussie stond. Onze assemblee heeft getracht de uitdagingen, waarmee wij sinds augustus 1996 worden geconfronteerd, te begrijpen en erop in te gaan. Wij zullen dat ook blijven doen. Wij zullen het vertrouwen kunnen herstellen door de hervormingen, die reeds zijn begonnen ononderbroken voort te zetten. Dat moet vooral gebeuren door ons mandaat van parlementslid correct in te vullen evenals de eigen roeping van de Senaat. Dit parlementair jaar was ook het jaar van de parlementaire onderzoeken. Na het reces zullen wij de gelegenheid krijgen een stand van zaken op te maken over die onderzoeksprocedures. Parlementaire onderzoeken zijn geen modern verschijnsel.
Déjà avant notre ère, le sénat de la République romaine instituait en effet régulièrement des « quaestiones » , c'est-à-dire des commissions d'enquête. Les crimes d'une gravité exceptionnelle étaient la plupart du temps dénoncés au sénat et les motifs ne manquaient pas, semble-t-il : « meurtre ou tentative de meurtre sur la personne d'un sénateur ou d'un magistrat, empoisonnement, conspiration, vénalité ou concussion des magistrats, péculat et fraudes commises dans le maniement des deniers publics ».
C'est ainsi également qu'en l'an 61 avant notre ère, un procès fameux fut intenté contre un certain Clodius qui circonstances aggravantes à nos yeux était sur le point d'entrer en fonction comme questeur. Clodius avait assisté, déguisé en femme, aux mystères sacrés célébrés de nuit en l'honneur de la Bona Dea , la « Bonne Déesse », et réservés aux Vestales et aux matrones du sénat. Vous comprendrez que la dignité de notre Haute Assemblée m'interdit de détailler davantage la sortie de ce questeur. Toujours est-il que, informé du sacrilège commis, le sénat institua un tribunal extraordinaire qui jugea Clodius, mais... finalement l'acquitta, la majorité des jurés ayant été corrompus par l'accusé ! (Rires.)
Vous en conviendrez avec moi : pareilles péripéties sont impensables de nos jours dans notre monde politique.
Tot slot, rest mij nog de taak u allen een aangename verkwikkende vakantie toe te wensen.
Mijn gedachten gaan in het bijzonder naar onze personeelsleden op wie wij ononderbroken een beroep doen en die zonder uitzondering en nooit aflatend hun kwaliteiten ter beschikking stellen die wij sinds jaar en dag kennen en die ik hier niet zal opsommen om hun bescheidenheid niet te kwetsen.
Een laatste woord van dank naar de vertegenwoordigers van de pers, die getrouw en exact getuigenis hebben afgelegd van ons streven naar openheid, dat wij onverminderd zullen voortzetten.
Ik dank u allen zeer. (Applaus.)
Het woord is aan de heer Lallemand.
De heer Lallemand (PS). Mijnheer de voorzitter, ik sluit mij graag aan bij de woorden van dank die u aan het personeel hebt gericht. Zij zijn hier ongetwijfeld op hun plaats. Het valt zelden voor dat de leden van een parlementaire assemblee, een dergelijke constante vertrouwensrelatie onderhouden met het personeel. Ik wens het dan ook te danken voor zijn dagelijkse inzet en voor de betrouwbaarheid van zijn werk, die bijdragen tot de uitstekende sfeer in de Senaat en tot de kwaliteit van het geleverde werk.
Ik denk hierbij in het bijzonder aan de heer Cardijn die ons vandaag verlaat na veel van zijn kunde, zijn voorkomendheid en zijn toewijding te hebben gegeven aan de commissie voor de Justitie en aan de hele Senaat. (Applaus.)
Monsieur le président, voici venu le dernier moment du vote, celui qui, de façon symbolique, sépare les séances parlementaires des vacances. Subitement, ce dernier vote va nous libérer du poids de ce qu'il faut faire, de ce qu'il convient d'éviter de dire et des arguments définitifs qu'il faut asséner au bon moment. Nous en avons entendu quelques-uns ce soir.
Mais le dernier vote ouvre aussi une porte entre deux univers opposés et que la fatigue contraste davantage. Une fatigue accumulée, en effet, fortifie l'espoir d'un dépassement de cette médiocrité que suscite l'usure des discours et des solutions. En ce moment précis, peut-être, irons-nous pour quelque temps au delà de cette insatisfaction, de cette césure entre l'homme privé et l'homme public. Nous pouvons surmonter la division qui éloigne celui qui fait les lois de celui qui les applique, qui révèle cette césure insupportable entre notre souhait de jouer un grand rôle et celui que l'on tient réellement. En d'autres termes, entre le moi et le surmoi impressionnant, d'un questeur belge et pour parler de lui, entre le bon questeur Bock et le terrible Appius Clodius, le féroce questeur romain, la distance va se réduire !
Pour pouvoir vivre agréablement demain, mes chers collègues, il faudra dépasser ce que notre président de la questure dirait avec un grand clin d'oeil : « Le freudisme à bon marché et le bon marché de la questure. »
Pendant quelque temps, nous pourrons surmonter cette faille qui sépare le joyeux compagnon de l'homme de parti. Nous pourrons passer le fossé qui sépare Hugo de Coveliers, de Vandenberghe, Fred de Erdman, Madeleine de Magdeleine. Nous pourrons même traverser le fleuve qui éloigne Louis de Tobback, Paul de Hatry mais qui aussi, par un effet plus inquiétant sépare Charles de Ferdinand mais aussi Charles-Ferdinand de Nothomb ! (Rires.)
Mais il est vrai que cette division, cette contradiction intime, ne se produit pas chez toutes et chez tous. Elle n'atteint pas des êtres plus cohérents que nous, plus entiers ou plus entières, plus fortes peut-être et qui ont des démarches originales. Ceux-là, ou plutôt celles-là, contrarient les bons usages. Elles contestent et même s'opposent aux exigences de soumission complaisante qu'expriment certains présidents de partis qui, eux, ne sont jamais complaisants. Vous le savez, les présidents de parti au Sénat, ce n'est pas rien. Aux dernières statistiques, ils étaient même cinq. Ils pourraient donc constituer un groupe, le plus démocratique assurément de cette assemblée ! (Rires.)
Ce sont ces présidents que l'on entend dire souvent, avec une plaisanterie : « Quand donc Anne-Marie oubliera-t-elle d'exalter Lizin ? Quand donc Joëlle cessera-t-elle de promouvoir Milquet et Sabine, avec les deux autres, de vouloir chasser de l'amphithéâtre la moitié mâle de cette assemblée ? (Sourires.)
Et chaque fois, à cette interrogation agressive, je réponds prudemment. J'évoque la réponse de La Bruyère qui, si j'en crois la rumeur, aurait dit si bien : « L'on me dit tant de mal de ces femmes et j'en vois si peu que je commence à soupçonner qu'elles aient un mérite remarquable et qui éteigne celui de tous les autres. »
Mais, m'a dit sournoisement l'un de ces présidents : « Comment La Bruyère sous Louis XIV pouvait-il parler de sénatrices et, qui plus est, de sénatrices belges ? » La question montre à quel point les meilleurs esprits sont aveugles mais aussi, comme l'a dit un de nos jeunes collègues, combien ces présidents sont des jardiniers redoutables ! Leur sécateur taille impitoyablement les voix des membres aussitôt qu'elles se lèvent.
J'ai dit, en commençant, que nous étions plongés aujourd'hui dans un univers déprimé : nuages, pluies; Vilvorde, grisaille; Clabecq, grogne syndicale; orages; faits divers de pédophilie et de viols; morts en série. C'est ainsi que François Reynaert, dans Le Nouvel Observateur , concluait pour décrire l'actualité : « L'atmosphère est à peu près aussi gaie qu'un tour de pédalo, un jour de pluie, sur un lac désert avec le pull qui colle à la peau et les pieds mouillés sur le fond glissant de la barque. » O temps pourris ! O mores !
Mais je voudrais terminer par une note plus optimiste. Nous vivons en effet des événements extaordinaires. Un monde infini se donne à découvrir tous les jours. Un véhicule roule actuellement sur Mars et y découvre un univers, caché depuis l'origine des temps.
Au Parlement, il y a aussi des mondes infinis mais que l'on ne recherche pas. Il existe encore au Sénat des lieux inexplorés, des êtres merveilleux, parmi le personnel, que l'on ne rencontre jamais. Il y a des sénateurs que les sondes parlementaires ne parviennent pas à débusquer. Ceux-là pourtant apporteraient au Sénat leur science, et un savoir incomparable. Autrefois, Gaston Paque les excusait volontiers, surtout quand il avait été absent lui-même. « C'est bien assez », disait admirablement ce disciple de Jules Renard, « d'avoir du talent que de devoir, en plus, s'occuper de le faire valoir ». (Rires.)
Mais cette attitude a suscité des critiques acerbes. Ainsi, un ancien président de la Chambre, plaçant tout le monde dans le même panier, a pu dire des sénateurs : « A quoi servent-ils, que font-ils, que proposent-ils ? Je vais vous le dire », ajoutait-il d'un air entendu, « ils sont devenus tellement intelligents qu'ils ne sont presque plus bons à rien. »
Bien sûr, tous ces propos ne sont que calomnies dérisoires de tous ceux-là que nos mérites dérangent. Ces mérites sont d'abord ceux de l'humour qui nous permet de rire de nous, sans doute pour mieux sourire des autres. Ces mérites aux yeux des observateurs les plus avisés révèlent une sagesse, une allure, ronde et lente, bref, un train. Cela leur vient de loin. J'ai évoqué souvent ce sénateur romain ce n'était précisément pas Clodius qui sur la Via Appia disait avec force à tous ceux qui couraient et gesticulaient autour de lui : « Je suis un homme libre, je marche lentement. »
Monsieur le président, c'est cette marche lente que je vous souhaite sur les laisses de basse mer, au long des plages fines, à flanc de montagne ou d'abîme où quelques-uns d'entre vous iront s'accrocher, ou encore autour des grandes tables abondantes, généreuses et ouvertes de l'été. Peut-être cette marche lente vous rapprochera-t-elle de lieux anciens, à Venise ou à Bruges, en Provence, à Arles, peut-être, au bord des vieux tombeaux de chevaliers, pour y réentendre cette voix merveilleuse des pierres. Cette voix qu'a captée un de nos poètes, Paul-Jean Toulet, et qu'il nous rapporte précieusement : « Dans Arles, où sont les Alyscamps,
Quand l'ombre est rouge sous les roses,
Prends garde à la douceur des choses,
Quand tu sens battre sans cause ton coeur trop lourd.
Et que se taisent les colombes.
Parle tout bas si c'est d'amour au bord des tombes. »
Puis-je vous dire qu'il y a toujours une voix qui nous parle, une parole que nous n'entendons pas bien et qui attend notre écoute, notre attention, une réponse aimante.
C'est la grâce que je nous souhaite.
Je vous adresse, monsieur le président, mes voeux de très heureuses vacances. (Applaudissements.)