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Question écrite n° 6-1562

de Bert Anciaux (sp.a) du 2 octobre 2017

au vice-premier ministre et ministre de la Coopération au développement, de l'Agenda numérique, des Télécommunications et de la Poste

Bpost - Législation linguistique - Respect - Mesures

Chronologie

2/10/2017 Envoi question (Fin du délai de réponse: 2/11/2017 )
2/11/2017 Réponse

Question n° 6-1562 du 2 octobre 2017 : (Question posée en néerlandais)

La législation linguistique est un des fondements de la cohabitation dans notre pays. Le respect de cette législation est une compétence essentielle tant au sein de l’autorité fédérale qu’au sein des Régions et des Communautés. Il s’agit dès lors clairement d’une matière transversale.

Le vice-premier ministre et ministre de la Coopération au développement, de l'Agenda numérique, des Télécommunications et de la Poste est chargé de vérifier que l'entreprise publique bpost respecte la législation linguistique. Il va de soi que les entreprises publiques sont elles aussi soumises à la législation linguistique. Il est très important que cette législation soit respectée, surtout quand les services en question s’adressent à la population.

J'ai reçu récemment un courriel de bpost car je devais recevoir un colis. Le courriel était rédigé en français et une version en néerlandais était disponible sur demande. Il était évident que la version néerlandaise était une traduction technique de la version française et qu'elle était de très mauvaise qualité.

Voyez par vous-même :

“lieve

We zijn blij om u te informeren dat Mediahuis WS PA Idecom een pakket met de 323210306741001004272030 nummer dat u verzonden.

bpost zal het aan u te leveren vandaag 8:00-17:00. We hopen dat u aanwezig(e) tijdens ons bezoek.

U kunt de afleverstatus van uw pakket volgen via onze track & trace. Als u niet op de link te openen, kopieer deze url http://track.bpost.be/id/xsfljrlv in uw browser.

Met vriendelijke groet,

bpost.”

La version française était rédigée comme suit :

“Madame, Monsieur,

Nous avons le plaisir de vous informer que MEDIAHUIS WS P A IDECOM vous a envoyé un paquet portant le numéro 323210306741001004272030.

bpost viendra vous le livrer aujourd'hui entre 08:00 et 17:00. Nous espérons que vous serez présent(e) lors de notre passage.

Vous pouvez suivre le statut d'envoi de votre paquet via notre track & trace. Si vous ne parvenez pas à ouvrir ce lien, veuillez copier cet url http://track.bpost.be/id/xsfljrlv dans votre navigateur.

Bien à vous,

bpost.”

Comment est-il possible qu’au 21e siècle, la langue parlée par la majorité de notre population fasse toujours figure de parent pauvre ?

J'avais passé ma commande en néerlandais. Mais manifestement, bpost part du principe que tous les habitants de Bruxelles sont francophones.

1) N’y a-t-il pas, au service communication de bpost, un service linguistique qui supervise toutes les communications provenant de bpost ?

2) Quelle démarche le vice-premier ministre entreprendra-t-il pour faire en sorte que le néerlandais comme le français soient utilisés tout à fait correctement par ses services ?

3) Que fait-on pour veiller à ce que tous les services de la poste soient parfaitement bilingues à Bruxelles ?

4) Comment est-il possible qu’un Flamand de Bruxelles doive encore et toujours se montrer beaucoup plus patient parce que le Flamand de service doit répondre à un nombre beaucoup plus important d’appels et que ses collègues francophones peuvent refuser sans crainte que des néerlandophones s'adressent à eux ?

5) Le vice-premier ministre prendra-t-il des initiatives pour faire en sorte que la législation linguistique soit correctement respectée par bpost ?

6) Pense-t-il comme moi que l'on ne peut plus accepter aujourd'hui que les Flamands de Bruxelles doivent se battre pour que l'on réponde à leurs demandes en néerlandais.

7) Pense-t-il comme moi qu’un bilinguisme correct des services de bpost à Bruxelles devrait être une évidence ?

8) Se rend-il compte que ce n’est pas du tout le cas et que même sous sa direction, les services de bpost traitent les néerlandophones comme des citoyens de second rang ?

9) Se rend-il compte à quel point il est humiliant d'être toujours traité comme un citoyen inférieur dans sa propre ville ?

Réponse reçue le 2 novembre 2017 :

Tout d’abord bpost tient à souligner que l’entreprise déploie tous les efforts nécessaires pour respecter et appliquer la loi sur l'emploi des langues en matière administrative.

Référence peut être faite au service de traduction qui assiste les services à rédiger des formulaires ou des messages aux clients. La répartition du personnel N / F du service client ou callcenters prend en compte la charge de travail générée par les différents groupes linguistiques. Cependant, bpost doit reconnaître que les bureaux de poste situés dans la Région de Bruxelles-Capitale ne disposent pas toujours de suffisamment de membres de personnel qui peuvent soumettre le certificat linguistique requis.

Dans ce cas précis, il s’agit du message envoyé au client pour l'informer qu'il recevra un colis. Ce message par défaut est correctement rédigé en néerlandais ou en français. La langue utilisée est déterminée par le client (via le site web www.bpost.be/mespréférences) ou l’expéditeur du colis.

Dans le cas où bpost ne connaît pas la préférence linguistique, la langue est déterminée par le code postal dans l'adresse du client. Pour les codes postaux de la région bilingue de Bruxelles-Capitale et dans les cas où bpost ne connaît pas la préférence linguistique, seule la version française est utilisée au lieu d’un message bilingue. Cette erreur sera corrigée dans les plus brefs délais : des messages bilingues seront alors envoyés.

Le message incorrect reçu par l'honorable sénateur n’est donc pas rédigé par les services de bpost et, peut-être, est généré par une fonction de traduction de la plateforme de courrier utilisée par le sénateur (en cliquant sur « traduire le message »).