SÉNAT DE BELGIQUE BELGISCHE SENAAT
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Session 2016-2017 Zitting 2016-2017
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27 juin 2017 27 juni 2017
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Question écrite n° 6-1505 Schriftelijke vraag nr. 6-1505

de Martine Taelman (Open Vld)

van Martine Taelman (Open Vld)

au ministre de la Justice

aan de minister van Justitie
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Prisons - Suicides - Chiffres - Baisse - Mesures - Coopération avec les Communautés Gevangenissen - Zelfmoorden - Cijfers - Daling - Maatregelen - Samenwerking met de Gemeenschappen 
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établissement pénitentiaire
détenu
suicide
statistique officielle
strafgevangenis
gedetineerde
zelfmoord
officiële statistiek
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27/6/2017 Verzending vraag
(Einde van de antwoordtermijn: 27/7/2017 )
6/12/2017 Rappel
22/12/2017 Antwoord
27/6/2017 Verzending vraag
(Einde van de antwoordtermijn: 27/7/2017 )
6/12/2017 Rappel
22/12/2017 Antwoord
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Question n° 6-1505 du 27 juin 2017 : (Question posée en néerlandais) Vraag nr. 6-1505 d.d. 27 juni 2017 : (Vraag gesteld in het Nederlands)

Je me réfère aux statistiques pénitentiaires annuelles recueillies par le Conseil de l'Europe pour la période 2014-2015 et récemment publiées.

On recense encore trop de suicides dans les prisons européennes. Un quart des décès survenant en prison sont dus à des suicides.

Plus étonnant encore, un quart de ces suicides se sont produits au cours de la détention préventive.

La Belgique avait, elle aussi, un taux de suicide élevé en 2015 : 13,6 % des décès étaient dus à un suicide alors que la moyenne européenne était de 7,2 %.

Au niveau des autres pays européens, les seuls à avoir un taux de suicide plus élevé parmi les détenus sont Chypre (44,1 %), la Norvège (16,1 %), le Portugal (15,7 %) et les Pays-Bas (14,2 %).

En 2015, trois détenus ont mis fin à leurs jours à la prison de Tournai, deux dans les prisons d'Anvers, d'Arlon et de Turnhout et un dans les prisons de Bruges, d'Hoogstraten, de Lantin, de Malines, de Namur, de Saint-Gilles et de Forest. Ce problème perdure depuis de nombreuses années et les chiffres restent très mauvais.

Cette question concerne une compétence communautaire transversale : la prévention du suicide est une matière complexe qui touche différentes instances, dont l'autorité fédérale et les Communautés dans le cadre de l'aide aux personnes.

J'aimerais dès lors vous poser les questions suivantes :

1) Que pensez-vous de l'étude du Conseil de l'Europe, et en particulier du fait que notre pays a un pourcentage moyen de suicide en prison plus élevé que les autres pays d'Europe ?

2) Combien de détenus se sont-ils suicidés dans nos établissements pénitentiaires au cours des trois dernières années ? Pourriez-vous ventiler les chiffres en deux catégories : accusés et condamnés ?

3) Que pensez-vous du constat selon lequel au moins un quart des suicides dans nos prisons ont été commis durant la détention préventive ? Combien y en a-t-il eu par an au cours des trois dernières années ?

4) Combien de tentatives de suicide ont-elles eu lieu annuellement au cours des trois dernières années dans nos établissements pénitentiaires ? Pourriez-vous ventiler les chiffres en deux catégories : accusés et condamnés ?

5) Combien de suicides et de tentatives de suicides y a-t-il eu annuellement au cours des trois dernières années par établissement pénitentiaire ?

6) Que pensez-vous de ces chiffres et quelles mesures supplémentaires ont-elles été prises en concertation avec les Communautés, compétentes en matière de prévention du suicide, pour réduire ces chiffres ? Ces mesures ont-elles déjà porté leurs fruits, et pouvez-vous préciser votre réponse ?

7) Êtes-vous partisan d'une concertation formelle avec tous les acteurs en vue de réduire le nombre de suicides dans les prisons ? Dans l'affirmative, comment allez-vous vous y prendre concrètement ? Dans la négative, pourquoi ?

8) Quelles mesures comptez-vous prendre, éventuellement en concertation avec les Communautés, pour réduire ce chiffre, trop élevé par rapport aux autres pays européens ? Pouvez-vous détailler le calendrier et le contenu de ces mesures ?

9) Quels projets et quelles mesures politiques votre département a-t-il élaborées en concertation avec chaque Communauté en matière de suicide ? Comment évaluez-vous cette coopération à la lumière des statistiques sur le suicide ?

 

Ik verwijs naar de jaarlijkse gevangenisstatistieken die de Raad van Europa heeft verzameld voor de periode 2014-2015 en die onlangs werden vrijgegeven.

Zelfmoord in gevangenissen komt nog steeds te veel voor in Europa. Een kwart van alle overlijdens in de gevangenis zijn het gevolg van een gedetineerde die uit het leven stapt.

Nog opvallender is dat een kwart van het aantal zelfdodingen gebeurde tijdens de voorlopige hechtenis.

Ook in België lagen de zelfdodingscijfers in 2015 hoog : 13,6 % van het aantal doden was toe te schrijven aan zelfmoord, terwijl het Europese gemiddelde op 7,2 % lag.

In vergelijking met de andere Europese landen kampen enkel Cyprus (44,1 %), Noorwegen (16,1 %), Portugal (15,7 %) en Nederland (14,2 %) met een hoger zelfdodingspercentage onder de gedetineerden.

In 2015 stapten in de gevangenis van Doornik drie gedetineerden uit het leven, in Antwerpen, Aarlen en Turnhout elk twee en in Brugge, Hoogstraten, Lantin, Mechelen, Namen, Sint-Gillis en Vorst elk één. Dit pijnpunt sleept reeds vele jaren aan en de cijfers blijven ronduit slecht.

Deze vraag betreft een transversale gemeenschapsbevoegdheid : zelfmoordpreventie is een complexe materie waar verschillende instanties bij betrokken zijn, waaronder de federale overheid en de gemeenschappen in het kader van hulp aan personen.

Graag had ik hieromtrent dan ook volgende vragen voorgelegd :

1) Hoe reageert u op de studie van de Raad van Europa en dan in het bijzonder het feit dat ons land wat betreft zelfmoorden in de gevangenis met een hoger dan gemiddeld percentage te maken heeft vergeleken met de andere landen in Europa ?

2) Hoeveel gedetineerden pleegden de jongste drie jaar zelfmoord in een penitentiaire instelling? Kunt u indien mogelijk de cijfers opsplitsen al naargelang de betrokkenen beklaagden of veroordeelden waren ?

3) Hoe reageert u op de vaststelling dat liefst een kwart van de zelfmoorden in onze gevangenissen gebeurt tijdens de voorlopige hechtenis? Om hoeveel gevallen ging het de jongste drie jaar en dit op jaarbasis ?

4) Hoeveel pogingen tot zelfmoord vonden de jongste drie jaar op jaarbasis plaats in een penitentiaire instelling en kunt u indien mogelijk de cijfers opsplitsen al naargelang de betrokkenen beklaagden of veroordeelden waren ?

5) Om hoeveel zelfmoorden en zelfmoordpogingen waren er de jongste drie jaar op jaarbasis per penitentiaire instelling ?

6) Hoe reageert u op deze cijfers en welke bijkomende maatregelen werden er getroffen in samenspraak met de gemeenschappen, die bevoegd zijn voor zelfmoordpreventie, om deze cijfers terug te dringen ? Hebben deze reeds resultaten opgeleverd en kunt u dit toelichten ?

7) Bent u voorstander van een formeel overleg met alle actoren om het aantal zelfmoorden in gevangenissen terug te dringen ? Zo ja, hoe gaat u dit concreet invullen ? Zo neen, waarom niet ?

8) Welke maatregelen gaat u al dan niet in samenspraak met de gemeenschappen treffen om deze te hoge cijfers in vergelijking met de andere Europese landen daadwerkelijk terug te dringen en kunt u het tijdschema en de inhoud gedetailleerd toelichten ?

9) Welke projecten en welke beleidsmaatregelen werden er per gemeenschap in samenwerking met uw departement uitgewerkt rond zelfmoordsituaties ? Hoe evalueert u deze samenwerking in het licht van de zelfmoordcijfers ?

 
Réponse reçue le 22 décembre 2017 : Antwoord ontvangen op 22 december 2017 :

1) à 5) En annexe figure un aperçu du nombre de suicides au sein des prisons belges de 2014 à 2017 inclus.

Afin d’expliquer de manière fondée le pourcentage supérieur à la moyenne de suicides dans les prisons, une enquête approfondie sur les divers facteurs et variables susceptibles d'y contribuer est nécessaire dans les différents pays d’Europe : caractéristiques de la population carcérale (âge, nationalité, problématique psychiatrique (antécédents), peine, infraction, réseau social, seul en cellule ou non, etc.), procédures pénales et correctionnelles, processus de travail dans la prison, formation du personnel pénitentiaire, etc.

En ce qui concerne le pourcentage de suicides en prison bien plus élevé que la moyenne comparé à celui dans la société libre, les détenus forment effectivement un groupe à risque. Ils sont plus vulnérables et l’impact de leur perte de liberté et de leur détention est non négligeable. La transition entre la société libre et le séjour dans un établissement pénitentiaire est difficile, la perte de contacts avec la famille / les amis est lourde pour beaucoup et le sentiment de culpabilité peut éventuellement jouer des tours.

Les chiffres montrent qu’en Belgique, la part de suicides commis par des prévenus représente plus d’un quart du nombre total. En 2016, 50 % du nombre total de suicides ont été commis par des prévenus, en 2015, ce pourcentage s’élevait à plus de 50 % et en 2014, 75 % des détenus qui se sont suicidés étaient des prévenus. Le risque chez les prévenus est plus élevé car ce groupe de détenus se retrouve brusquement dans une autre situation, inconnue, et parce que la période de détention préventive est souvent précaire et incertaine. Les prévenus perdent soudainement leur liberté et leurs contacts normaux avec leur(s) famille / amis et n’ont aucune certitude quant à leur avenir. La période qui suit directement la détention est en outre souvent une période durant laquelle les détenus sont gagnés par un sentiment de culpabilité.

6), 8) & 9) Le suicide est une problématique compliquée et sensible et la prévention du suicide dans les prisons est une matière complexe qui a donné lieu à diverses initiatives et pour laquelle différentes instances sont concernées, parmi lesquelles les Communautés dans le cadre de l’aide aux personnes. Les différentes initiatives que prend la direction générale des Établissements pénitentiaires (DG EPI) elle-même en collaboration avec des partenaires externes sur le plan de la prévention du suicide donnent forme à la politique actuelle.

La prévention du suicide fait partie de la politique journalière des établissements pénitentiaires. Une vigilance accrue de la part des services médicaux et psychosociaux lors de l’accueil du détenu et de tout contact avec lui fait partie de la procédure standard. Lorsqu’ils remarquent des signes indiquant qu’un détenu pourrait être suicidaire, ils en font part à la direction de la prison et au personnel de surveillance afin que le détenu puisse être observé plus attentivement (y compris la nuit). Il existe des instructions écrites concernant le contrôle visuel et les procédures lorsqu’un comportement suicidaire est constaté.

Les assistants de surveillance pénitentiaire jouent également un rôle préventif important. Lorsqu’ils constatent un comportement suicidaire, ils renvoient immédiatement le détenu vers l’autorité compétente (direction de la prison, service psychosocial ou équipe soins) et des mesures de sécurité préventives peuvent être prises. Chez les détenus suicidaires, les services psychosociaux et médicaux ainsi que les directions des prisons assureront un suivi plus actif et se consulteront. Par ailleurs, une orientation vers les services d’aide en la matière de la Communauté flamande sera toujours assurée.

Vu le rôle important du personnel pénitentiaire sur le plan de la prévention du suicide, une attention particulière y est également accordée au cours des formations pénitentiaires. Dans le cadre de la formation de base, les assistants de surveillance pénitentiaires suivent le cours « prévention du suicide » pendant sept heures. L’accent est mis notamment sur la détection de signes indiquant une tendance suicidaire, sur la notification de celle-ci et sur la façon appropriée de réagir. La DG EPI a collaboré au développement des cursus avec notamment des centres d’expertise en matière de prévention du suicide. Par ailleurs, les centres de formation organisent également une formation accélérée « prévention du suicide » de deux jours pour le personnel pénitentiaire accessible à tous les membres du personnel de la DG EPI. Elle peut être organisée à la demande d’un établissement local ou lorsqu’un nombre suffisant de membres du personnel figure sur la liste d’attente. En outre, une formation sur les techniques d’entretien « train-the-trainer » a été organisée en 2016 dans le cadre de la prévention du suicide. Depuis 2017, le volet « techniques d’entretien » est intégré à la formation accélérée « prévention du suicide » de deux jours et est donc accessible à tous les membres du personnel.

Dans les prisons, une attention est également accordée à l’aide tant structurelle qu’ad hoc spécifiquement axée sur la prévention du suicide. En outre, dans l’enceinte de nombreuses prisons, il existe un groupe de travail pluridisciplinaire sur le suicide au sein duquel se réunissent les services concernés de la DG EPI ainsi que des partenaires, notamment de la Communauté flamande. Il y a quelques années, la prison de Gand a élaboré conjointement avec l’université de Gand un plan qui aborde tant la prévention du suicide que le suivi (après un suicide abouti). Quelques autres prisons s’en sont inspirées pour également établir localement un plan similaire. Par ailleurs, un groupe de travail pluridisciplinaire sur la prévention du suicide, qui dépasse le niveau local, a depuis peu également vu le jour au sein de la DG EPI aux fins de partager les meilleures pratiques dans les prisons. Ce projet n’en est qu’à ses prémisses. La DG EPI a également déjà lancé des initiatives propres liées à l’établissement et collabore aussi structurellement avec les services des Communautés relatifs à la prévention du suicide, étant donné que cette question relève également de leurs compétences.

Du côté flamand, il existe en outre une collaboration avec les centra voor geestelijke gezondheidszorg (centres de santé mentale) dans différentes prisons. Du côté wallon, la DG EPI travaille avec les services d’aide aux justiciables.

Les détenus ont également accès à la ligne de prévention du suicide gratuite 1813 du Centrum ter preventie van zelfdoding et à la ligne de crise du Centre de prévention du suicide. Du côté néerlandophone, les services d'aide et les prestataires de soins peuvent travailler dans la prison pour rendre un avis sur la prévention du suicide en s’adressant également à la ligne ASPHA du Centrum ter preventie van zelfdoding. ASPHA signifie advies suïcide preventie voor huisartsen en andere hulpverleners (avis prévention suicide pour médecins généralistes et autres auxiliaires). Ils peuvent prendre contact avec ASPHA par téléphone ou par mail pour demander un avis sur l’encadrement de personnes suicidaires, sur leur environnement et sur l’accompagnement de proches d’une personne qui s’est suicidée. Les centres de santé mentale flamands élaborent aussi un « scénario de prévention du suicide » pour les détenus flamands. Depuis mars 2017, une directive pluridisciplinaire relative à la détection et au traitement d’un comportement suicidaire élaborée par le Vlaams Expertisecentrum suïcidepreventie existe également pour les auxiliaires en soins de santé. Il s'agit de directives et de recommandations qui doivent aider les prestataires de soins à détecter et à traiter un comportement et des pensées suicidaires.

7) à 9) La réduction du nombre de suicides dans les prisons est une priorité des administrations pénitentiaires belges. Une concertation entre des services de la DG EPI en prison existe déjà (sous la forme ou non de groupes de travail). La collaboration avec les partenaires des Communautés découle également de ce qui précède. Il semble indiqué d’encadrer les soins relatifs au suicide dans une approche plus élargie des soins de santé au sein des prisons et de ne pas s’attaquer au phénomène de manière isolée. Comme il a déjà été mentionné, le risque du suicide provient de plusieurs facteurs.

L’organisation de la prestation d’aide et de services de la part des Communautés semble évoluer vers une approche moins catégorielle, mais davantage holistique. Un pas dans la bonne direction semble être effectué par exemple par la Communauté flamande de par sa manière de suivre les anciens points de contact centraux pour les drogues (les PCC) encapsulés dans un accompagnement plus large de détenus présentant des problèmes de santé mentale vers des services capables de proposer des soins spécifiques.

En outre, comme ce domaine est en constante mutation, nous estimons qu’actuellement, les concertations opérationnelles, tant casuistiques que structurelles, sont privilégiées, mais ces concertations peuvent résulter, en temps opportun, à des accords davantage formels.

Annexe : Suicides de détenus selon la situation légale (2014-26/09/2017)


2014

2015

2016

2017

Établissement

Prévenus

Condamnés

Internés

Total

Prévenus

Condamnés

Internés

Total

Prévenus

Condamnés

Internés

Total

Prévenus

Condamnés

Internés

Total*

Andenne


1


1










1


1

Anvers





2



2



1

1





Arlon





1

1


2









Berkendael









1



1





Bruges

2

2


4



1

1

1



1





Termonde

1



1













Dinant

1



1













Forest

1



1

1



1









Gand

2



2













Hasselt









1



1

2



2

Hoogstraten






1


1









Ittre














1


1

Lantin





1



1

1

1


2

1



1

Louvain secondaire

2



2






2


2



1

1

Malines

1



1





1



1





Merksplas






1


1


1


1





Mons









1



1



1

1

Namur





1



1









Paifve



1

1













Saint-Gilles

3



3


1


1









Saint-Hubert














1


1

Tournai





2

1


3






1


1

Turnhout


1


1

2



2



1

1





Total

13

4

1

18

10

5

1

16

6

4

2

12

3

4

2

9

(*) du 1er janvier 2017 au 26 septembre 2017.

1) tot 5) In bijlage wordt een overzicht gegeven van het aantal suïcides in Belgische gevangenissen voor de jaren 2014 tot en met 2017.

Om op een gefundeerde manier het hoger dan gemiddeld percentage van zelfdodingen in de gevangenissen te verklaren, is binnen de verschillende Europese landen diepgaand onderzoek nodig naar verscheidene factoren en variabelen die een rol zouden kunnen spelen : kenmerken van de gevangenispopulatie (leeftijd, nationaliteit, psychiatrische problematiek (verleden), straf, misdrijf, sociaal netwerk, verblijf alleen op cel of niet, enz.), strafrechtelijke en correctionele procedures, werkprocessen in de gevangenis, opleiding van penitentiair personeel, enz.

Wat betreft het veel hoger dan gemiddeld percentage zelfdodingen bij gedetineerden dan in de vrije samenleving, is het een feit dat gedetineerden een risicogroep vormen. Ze zijn kwetsbaarder en de impact van het verlies van vrijheid en opsluiting is zwaar. De overgang van de vrije samenleving naar het verblijf in een penitentiaire inrichting is moeilijk, het verlies van contacten met familie / vrienden is voor velen zwaar en ook het schuldbesef speelt mogelijks parten.

De cijfers tonen aan dat in België het aandeel zelfdodingen door beklaagden hoger ligt dan een kwart van het totaal aantal. In 2016 vond de helft van het totaal aantal zelfdodingen plaats bij beklaagden, in 2015 meer dan de helft en in 2014 was drie kwart van de gedetineerden die zelfmoord pleegden beklaagde. Het risico bij beklaagden is hoger omdat deze groep gedetineerden abrupt in een onbekende en andere situatie terechtkomt en omdat de periode van voorlopige hechtenis vaak precair en onzeker is. Beklaagden verliezen plots hun vrijheid en hun normale contact met familie / vrienden en ze hebben geen zeker beeld van hun toekomst. De periode vlak na opsluiting is bovendien ook vaak de periode waarin gedetineerden tot schuldbesef komen.

6), 8) & 9) Zelfdoding is een complexe en gevoelige problematiek en zelfmoordpreventie in de gevangenissen is een complexe materie waarbij diverse initiatieven worden ingezet en waarbij verschillende instanties betrokken zijn, waaronder de Gemeenschappen in het kader van hulp aan personen. De verschillende initiatieven die het directoraat-generaal Penitentiaire Inrichtingen (DG EPI) zelf en samen met externe partners neemt op vlak van zelfmoordpreventie geven vorm aan het huidige beleid.

De penitentiaire inrichtingen nemen suïcidepreventie op in hun dagdagelijks beleid. Een verhoogde waakzaamheid door de medische en psychosociale diensten bij het onthaal van en bij elk contact met een gedetineerde maakt deel uit van de standaardprocedure. Wanneer zij signalen opmerken dat een gedetineerde mogelijks suïcidaal is, melden zij dit aan de gevangenisdirectie en aan het bewakend personeel, zodat de gedetineerde meer nauwlettend kan worden geobserveerd(ook ’s nachts). Er bestaan uitgeschreven instructies rond visuele controle en procedures wanneer suïcidaal gedrag wordt vastgesteld.

Ook de penitentiair bewakingsassistenten vervullen een belangrijke preventieve rol. Wanneer zij suïcidaal gedrag vaststellen, verwijzen zij de gedetineerde onmiddellijk naar de bevoegde autoriteit (gevangenisdirectie, psychosociale dienst of zorgequipe) en kunnen preventieve veiligheidsmaatregelen genomen worden. Bij suïcidale gedetineerden zullen de psychosociale en medische diensten en ook de gevangenisdirecties meer actieve opvolging verzekeren en overleg plegen. Daarnaast zal er steeds een doorverwijzing gebeuren naar de diensten van de Vlaamse Gemeenschap voor hulpverlening in dit verband.

Gezien de belangrijke rol van het gevangenispersoneel op het vlak van zelfmoordpreventie, wordt er binnen de penitentiaire opleidingen ook bijzondere aandacht aan besteed. Penitentiair bewakingsassistenten krijgen in de basisopleiding het vak « suïcidepreventie » gedurende zeven uur. De focus ligt onder andere op het detecteren van signalen van zelfmoordneiging, op het melden ervan en op het gepast reageren. Het DG EPI werkte bij het ontwikkelen van de cursussen onder andere samen met expertisecentra op vlak van suïcidepreventie. Daarnaast organiseren de opleidingscentra voor penitentiair personeel ook een tweedaagse flitstraining « suïcidepreventie », die toegankelijk is voor alle personeelsleden van het DG EPI. Deze opleiding kan op vraag van een lokale inrichting worden georganiseerd of wanneer er voldoende personeelsleden op de wachtlijst staan. Verder werd in 2016 een opleiding « train-the-trainer » gesprekstechnieken georganiseerd in het kader van suïcidepreventie. Sinds 2017 is het luik « gesprekstechnieken » opgenomen in de tweedaagse flitstraining « suïcidepreventie » en dus toegankelijk voor alle personeelsleden.

Ook is er in de gevangenissen aandacht voor hulpverlening specifiek gericht op suïcidepreventie, zowel structureel als ad hoc. Binnen vele gevangenissen bestaat bovendien een multidisciplinaire werkgroep rond suïcide waarin betrokken diensten van het DG EPI samen met partners van onder andere de Vlaamse Gemeenschap aan tafel zitten. De gevangenis van Gent heeft enkele jaren geleden samen met de universiteit Gent een plan uitgewerkt waarin zowel preventie van suïcide als nazorg (na gelukte suïcide) aan bod komen. Een aantal andere gevangenissen hebben zich hierop gebaseerd om lokaal ook een dergelijk plan uit te werken. Sinds kort is binnen het DG EPI bovendien ook een multidisciplinaire werkgroep opgestart rond suïcidepreventie die het lokale niveau overstijgt met als doel « best practices » binnen de gevangenissen te delen. Dit project zit in de beginfase. Het DG EPI lanceerde verder al eigen inrichtingsgebonden initiatieven en werkt ook structureel samen met de diensten van de Gemeenschappen rond zelfmoordpreventie, aangezien het ook tot hun bevoegdheden behoort.

Langs Vlaamse kant is er bovendien een samenwerking met de centra voor geestelijke gezondheidszorg in verschillende gevangenissen.

Langs Waalse kant werkt het DG EPI samen met de « services d’aide aux justiciables ».

Gedetineerden hebben ook toegang tot de gratis zelfmoordlijn 1813 van het Centrum ter preventie van zelfdoding en tot de crisislijn van het « Centre de prévention du suicide ». Langs Nederlandstalige kunnen hulp- en zorgverleners werkzaam in de gevangenis voor advies over suïcidepreventie ook terecht bij de ASPHA-lijn van het Centrum ter preventie van zelfdoding. ASPHA staat voor advies suïcide preventie voor huisartsen en andere hulpverleners. Zij kunnen via telefoon of e-mail contact opnemen met ASPHA voor advies over het begeleiden van suïcidale personen, hun omgeving en nabestaanden van zelfdoding. Ook werken de Vlaamse Centra voor geestelijke gezondheidszorg aan een « draaiboek suïcidepreventie » voor de Vlaamse gevangenissen. Sinds maart 2017 bestaat er ook een multidisciplinaire richtlijn voor hulpverleners in de gezondheidszorg over de detectie en de behandeling van suïcidaal gedraag, uitgewerkt door het Vlaams Expertisecentrum suïcidepreventie. Het gaat om richtlijnen en aanbevelingen die zorgverleners moeten helpen bij het detecteren en behandelen van suïcidale gedachten en gedrag.

7) & 9) Het terugdringen van het aantal zelfdodingen in de gevangenissen is een prioriteit voor het Belgische gevangeniswezen. Overleg tussen diensten van het DG EPI in de gevangenis is reeds voorhanden (al dan niet in de vorm van werkgroepen). Ook de samenwerking met de partners van de Gemeenschappen blijkt uit wat vooraf gaat. Het lijkt aangewezen om de zorg voor suïcide te kaderen binnen een ruimer aanpak van de gezondheidszorg in de gevangenissen en het fenomeen niet te geïsoleerd aan te pakken. Zoals aangegeven, wordt het suïciderisico multifactorieel beïnvloed.

De organisatie van de hulp- en dienstverlening vanuit de Gemeenschappen lijkt te evolueren naar een minder categorieke, dan wel een meer holistische aanpak. De wijze waarop bijvoorbeeld de Vlaamse Gemeenschap de opvolging van de vroegere centrale aanmeldingspunten voor drugs (de zogenaamde CAP’s) inkapselt in een bredere toeleiding van gedetineerden met geestelijke gezondheidsproblemen naar diensten die specifieke hulpverlening kunnen aanbieden, lijkt een stap in de goede richting te zijn.

En vermits dit terrein volop in beweging zit, menen wij dat operationeel overleg, zowel casuïstiek als structureel, momenteel de voorkeur geniet, maar kan dit overleg ten gepaste tijde uiteraard resulteren in meer formele afspraken.

Bijlage : Zelfmoorden van gedetineerden volgens wettelijke toestand (2014-26/09/2017)


2014

2015

2016

2017

Inrichting

Beklaagden

Veroordeelden

Geïnterneerden

Totaal

Beklaagden

Veroordeelden

Geïnterneerden

Totaal

Beklaagden

Veroordeelden

Geïnterneerden

Totaal

Beklaagden

Veroordeelden

Geïnterneerden

Totaal*

Andenne


1


1










1


1

Antwerpen





2



2



1

1





Aarlen





1

1


2









Berkendael









1



1





Brugge

2

2


4



1

1

1



1





Dendermonde

1



1













Dinant

1



1













Vorst

1



1

1



1









Gent

2



2













Hasselt









1



1

2



2

Hoogstraten






1


1









Ittre














1


1

Lantin





1



1

1

1


2

1



1

Leuven Hulp

2



2






2


2



1

1

Mechelen

1



1





1



1





Merksplas






1


1


1


1





Bergen









1



1



1

1

Namen





1



1









Paifve



1

1













Sint-Gillis

3



3


1


1









Saint-Hubert














1


1

Doornik





2

1


3






1


1

Turnhout


1


1

2



2



1

1





Totaal

13

4

1

18

10

5

1

16

6

4

2

12

3

4

2

9

(*) van 1 januari 2017 tot en met 26 september 2017.